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Apprendre à dire non

Oh, je vous vois venir : « Oh ça va gars, ton article je le trouve sur LinkedIn ». Ouè ouè, mais tu es chez tonton ici. Alors sort ton cône Miko et part à la découverte des fabuleuses aventures de l’extrême que j’ai traversé avant d’apprendre à dire « non ». Enfin, quand j’y arrive !

Satisfaire

Lorsque j’ai commencé à bosser après mes études, j’évoluais en agence tout en ayant un statut de freelance pour des petites missions. C’était ma première année, et je cherchais à faire mes preuves (pour convertir mon CDD en CDI). Bien sûr, je voulais avoir la côte et surtout, rendre mes collègues et clients satisfaits de mon taff. Du coup, je ne disais pas vraiment « non ».

Avec du recul, je me rends compte que :

  • Je répondais à ce qu’on attendait de moi (en partie), mais je favorisais aussi la vision d’un exécutant qu’on pouvait avoir de moi.
  • Je jouais la « sécurité » : j’ai donc manqué l’opportunité de tester plein de choses et d’apprendre de mes erreurs.

Remplir le frigo

Après ma vadrouille à l’étranger, je suis revenu en France pour me lancer en indépendant à plein temps. Fini la sécurité de l’emploi (même si je n’ai jamais vraiment recherché cela), il fallait donc remplir le frigo sans toujours être très select sur les projets sur lesquels je travaillais.

Lorsque j’y pense :

  • J’avais toujours du boulot oui, mais j’ai travaillé sur des projets vraiment chiants et pas exploitables du tout aujourd’hui.
  • En faisant cela, je confortais l’image qu’on avait de moi : celle d’un graphiste qui fait des trucs carrés, qui fonctionnent. Mais je n’explorais toujours pas plus de choses en dehors de ma zone de confort.
  • Je ne disais pas « non » par peur de vexer ou perdre une affaire. Du coup le taff était chiant, et je finissais quand même par ne plus travailler avec le client en question… En plus de ça, c’était souvent payé en retard.

Payer l’équipe

Enfin, la boîte. Et les charges qui vont avec. Puis l’équipe, et d’autant plus de charges, donc une pression du chiffre grandissante (je vous rassure hein, ça reste trop cool de faire grandir sa boîte). Et tout ça qui se mêle avec des ambitions de boîte et la barre à tenir.

Je ne vous fais pas de dessin…

  • Les projets qu’on a pris parce qu’on avait besoin d’argent se sont révélés chiants et longs (donc inutiles lorsqu’on avait besoin de cash rapidement).
  • Les projets qu’on a accepté « parce qu’ils seront intéressants lorsqu’ils grandiront »… n’ont pas été signés lorsqu’ils ont grandi…
  • Les clients pour qui nous avons tout accepté… en demandaient toujours plus.

Et puis là, la lumière :

  • Notre premier grand « non » auprès d’un client a été une révélation. Après un échange pour expliquer le pourquoi de notre refus, on est reparti avec un autre projet. Et une image d’agence grandie.
  • Lorsqu’on refuse des clients (notamment pour des raisons de budget, en leur expliquant le truc), ils reviennent à nous dans l’année qui suit dans des conditions favorables.
  • C’est secret, mais lorsqu’on craque tout de même, on applique un « facteur emmerdement ». Comme ça au moins, on sait pourquoi on le fait.

Alors, écoute un peu tonton :

  • Dire « non », c’est OK.
    Et de toute façon, tu ne pourra pas satisfaire tout le monde.
  • Dire « non » ça peut vouloir dire « oui ».
    Simplement, tu fais comprendre que les conditions du moment ne sont pas satisfaisantes. Si tel est le cas, pense toutefois à être sûr d’avoir fait comprendre cette subtilité à ton interlocuteur.
  • Dire « non », c’est te respecter.
    C’est te dire que tu ne mérites pas ce boulot qui ne te branche pas. C’est te rendre compte qu’en fait, tu ne dois rien à personne. Et on a tous envie (tes clients aussi) de travailler avec des bons plutôt qu’avec des gens qui ne se respectent pas.
  • Dire « non », c’est être pro.
    Parce que si tu ne sais pas faire un truc, ne le fais pas. Et si tu veux tester ce fameux truc, teste d’abord sur un sujet sans enjeu !
    Promis, les gens retiennent les pros.